La ruche qui dit oui - unboxing

Désolé pour ce titre honteusement tendance et un peu mensonger... Je vous avais parlé il y a peu d’un système de [vente directe sur internet->http://www.fabr.fr/La-ruche-qui-dit-oui], j’étais inscrit sur le site mais je ne l’avais pas encore essayé. C’est chose faite aujourd’hui, et l’occasion pour moi de vous faire un petit compte rendu et voir ce que cela représente en termes d’innovations et d’expérience utilisateur. {{{1. La commande.}}} {{L’impression de faire ses courses sur un blog (pardon ?!)}} Vous devez d’abord renseigner vos coordonnées géographiques, on vous indique ensuite auprès de quelle ruche vous allez pouvoir commander. Quand la vente est ouverte, vous voyez la liste des produits, ça ressemble à une longue série de billets de blog, parfois illustrés de photographies. Ceux qui n’ont pas d’images ou une photo de mauvaise qualité ne sont franchement pas très attractifs. On doit faire défiler la page pour parcourir les produits, ce n’est pas très pratique mais il est possible de trier les produits par catégorie (j’ai pu écarter les cosmétiques pour me concentrer sur le rayon fruits et légumes). Une fois qu’on a rempli son petit panier, on peut payer comme on le fait avec n’importe quel site de vente en ligne. Le montant n’est débité que si le producteur a suffisamment de commandes. Certains d’entre eux font quand même plus de 200 kilomètres pour venir nous livrer. Le bilan carbone – qui est pris en compte dans ce genre de démarche – est nettement moins bon que pour les produits qui viennent de l’environnement immédiat. {{{2. La livraison}}} {{Rapide, net et précis}} La vente s’est terminée quelques jours avant la livraison. Je me suis rendu à la Mutinerie, lieu de distribution de ma ruche, pour y récupérer les produits listés sur le bon de commande que j’ai imprimé chez moi. La distribution avait lieu entre 11 et 13h le samedi. Je suis un peu lève tard le week-end et ce créneau de deux heures était cruellement contraignant. Je suis arrivé, en panique, 10 minutes avant la fermeture. Ouf, j’ai quand même pu récupérer mes carottes ! La démarche consiste à se rendre d’un étal à l’autre pour récupérer vos produits. Il faut un peu faire la queue devant les tables mais comme il était très tard tout le monde était déjà servi et j’ai récupéré tous mes produits en quelques 5 minutes. { {{Quelques propositions pour améliorer l’expérience utilisateur}} } {{{Online}}} {{Améliorer la présentation et rassurer le consommateur}} D’abord la présentation des produits pourrait être grandement améliorée grâce à une meilleure utilisation de l’espace ; au lieu d’afficher les produits à la queue leu leu, on pourrait imaginer un wall, qui aligne les produits comme on le ferait en magasin. L’idéal serait d’avoir des visuels de bonne qualité pour chacun d’eux (l’appareil numérique d’un téléphone peut faire d’excellentes images, pas besoin d’un réflex). Ensuite, puisqu’il s’agit là de réintroduire la proximité que l’on a perdu en passant à la grande distribution, il pourrait être intéressant de présenter plus en détail les commerçants. Pour l'instant, on a le droit qu'à un simple pavé de texte pas très chaleureux. Parmi les références intéressantes, on pourra se référer à Airbnb, Ulule ou Kiva.org, sites sur lesquels on peut « connaitre » l’interlocuteur auquel on s’apprête à donner de l’argent. Le tutoiement est parfois de rigueur, les profils utilisateurs sont illustrés de photos et d’un texte rédigé avec amour et parfois, il faut le reconnaître, avec un peu d’emphase. Par ailleurs, il serait bon de pouvoir attribuer une note au vendeur comme on peut le faire partout ailleurs. Cela permettrait aux internautes d’acheter les yeux fermés sur la base de quelques critères de bon sens (fraicheur des produits, présentation, rapport qualité/prix, etc.). Enfin, puisqu’il s’agit de produits bio, on aimerait connaitre l’organisme certificateur. Rien n’est indiqué sur les sachets de fruits et légumes frais ni sur le site de la ruche qui dit oui enfin sur les sites de producteurs l’information n’est pas non plus présente. Cet argument est d’autant plus prégnant que l’on se rend compte ces derniers temps qu’on a un peu trop fait confiance à la grande distribution qui nous a fait passer des vessies pour des lanternes. Avec La ruche qui dit oui, on n’achète pas de la viande de cheval qui a fait 10.000 km (tout en croyant acheter du bœuf). On peut se passer de preuve pour l’instant mais si le concept se développe réellement, La ruche qui dit Oui devra faire preuve de transparence avec un étiquetage très clair des produits. {{{In Store}}} {{Améliorer les échanges avec les producteurs/commerçants}} Ce qui caractérise le lieu de distribution, c’est la convivialité et la vitalité. D’emblée, quand vous entrez à la mutinerie vous avez l’impression d’arriver chez une bande de potes. Il y a un comptoir à l’entrée pour prendre un petit café pendant que les petits s’ébrouent à droite et à gauche. J’en profite pour saluer la petite équipe de la mutinerie, qui a monté cet espace de co-working l’an dernier. J’ai suivi la naissance du projet qui me semble en phase avec ce que devrait être l’espace de travail au XXIème siècle. Pourtant, lors de la distribution, les producteurs n’ont pas trop le temps de vous parler. Ils ont des pages et des pages de commandes toutes prêtes à honorer. Le modèle relationnel n’est pas le même qu’au marché où l’on se rend un peu en flânant. D’ailleurs, si l’envie vous prend d’acheter l’un de ces beaux légumes que vous voyez sur l’étal, on vous répondra que non, il est déjà promis à quelqu’un qui l’a acheté sur le site. Ça tue dans l’œuf toute forme de spontanéité. Pour améliorer la distribution, on pourrait imaginer que les producteurs se retrouvent deux heures avant l’ouverture des portes. On dispose tous les produits les uns à côté des autres et la fine équipe s’attelle à la tache de réaliser les commandes à la chaine. J’ai bossé dans des entrepôts industriels quand j’étais étudiant, et avec un peu de méthode et de matériel, on peut abattre un boulot considérable en un temps limité. En deux heures les commandes sont prêtes et rangées par ordre alphabétique. Ensuite, les producteurs peuvent discuter avec les acheteurs et faire des dégustations de produit pendant que deux ou trois d’entre eux distribuent les commandes au guichet unique. Quelques produits supplémentaires peuvent être amenés pour faire de la vente directe (je me demande toutefois s’il n’y a pas un petit écueil légal sur ce point). Pour les vendeurs c’est plus de proximité avec les acheteurs et moins de stress / Pour les acheteurs c’est une expérience plus chaleureuse et l’opportunité de découvrir des produits. En définitive, La ruche qui dit oui est une excellente initiative. Bien sûr, ça pêche un peu par certains aspects mais c’est un problème de jeunesse et je ne doute pas qu’on va vite voir des améliorations significatives. Et le rapport qualité prix me direz-vous ? Pour la qualité rien à redire, les carottes sont savoureuses, les champignons excellents et les pommes aussi fraiche qu’à l’automne. Pour la quantité, je me rends compte que j’avais vu un peu juste car je m’étais basé sur le prix, il est plus élevé qu’en supermarché. Mais il faudrait plutôt comparer aux prix que l’on trouve en magasins bio et là vous êtes vraiment gagnant. A vous d’essayer maintenant. N’hésitez pas à venir donner votre avis ici même.